"Én dolgozni akarok" EMLÉKPAD. József Attila 1905-1936

 dolgozni akarok Jozsef Attila 1905-1937

samedi 2 juillet 2011

LA Foule.

LA Foule (TÖMEG)


« Du travail et du pain !

Du travail et du pain ! »

La foule. la foule déferle.

Des coups jaillissent de ses poings.

Mouches folles qui se disputent.

Rochers en parcelles menues étincelles.


Comme quand. sur la cervelle.

()n a pris un coup et que on en revient...

La foule

Est une immense forêt qui s'écoule.

Si elle s'arrête. le sang jaillit de ses racines.

Ses pieds. ses mains sont des terres fertiles.

Son pain ? des montagnes !Plus de cent mille !

Ce que l'on boit ferait tout le broullard du monde !

Mais le brouillard peut bien envelopper les monts :

La foule. elle. manque de pain


Comme la pâte de ce pain. elle est roulée.

Pétrie et ballotée.

La foule!

Cellule-mére qui se boursoufle.

Elle déploie ses tentacules

Et comme l'amibe se dédouble.

Absorbant d'autres molécules.


Monde, oh monde. la foule va t'engloutir.

Ses racines arrachent des nuées.

Ses dents mal plantées. caríées.

Ce sont les bátisses lépreuses.

Elle s'agite. elle allonge sa main miséreuse

Vers les granges. les usines.

Vers les blés que l'on entasse.

Vers la journée de sept heures.

Vers la Grande Ourse et la Pléiade

Et, dans les plaines désertiques.

Vers leau jaillissante et sa fraícheur.


Mes pères qui suez et qui courbez la téte.

Mes douces filles maigrelettes.

C’est  la foule...

Autour d'elle les bouches de fer de la patrouille...

La paille aussi voudrait entrainer le fleuve.

 Elle se croit forte.


Mais c'est lui gui la saisit et qui L'emporte

Entrainant de même en son flot

Bancs,voitures cageots

Et les vagues et les chevaux

Et

L'épée tirée du fourreau...


Oh !

Contre la foule rien ne vaut :

Maudire ou marchander le silence ou les mots..

Ceux-la
Sont la batisse et les batisseurs á la fois

En bas les fondations et en haut le toit

Les manoeuvres et ceux qui tracent les schémas


Vivent les ouvriers et les paysans !

De L'astuce bourgeoise ils déjoueront les plans !

Des millions de pieds le mettront sur le flanc !

Ohé,la foule !En avant !En avant !


01 septembre 1930

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