"Én dolgozni akarok" EMLÉKPAD. József Attila 1905-1936

 dolgozni akarok Jozsef Attila 1905-1937

vendredi 20 mai 2011

FLORA.

Attila József - FLORA

FLORA

1. Hexamètre

De la neige mouillée a sonné le retrait.
Les gouttelettes,
Seulettes,
Tombent de la gouttière en tôle. Et disparaît,
Et se réduit… la glace noire, la grisaille,
Qui partout s’entassait. l’eau jaillit, l’eau tressaille,
Coule aux caniveaux, souplement,
Déborde en gazouillant.
Une sérénité s’élève, évanescente,
Et fait vibrer les célestes hauteurs,
L’âme contente,
Les cœurs.
Un désir pur dépose,
Sur l’enchantement matinal, son voile rose.

Craintif est mon amour, Flora. Convalescent.
Dans ce dégel disert, tu peux en être sûre,
Comme on défait le pansement
Qui couvrait la blessure,
Tu réduisis le deuil que mon cœur abhorrait.
Je pétille à nouveau! Qui, pourtant, le croirait?
Mon âme en est émue.
De ton nom éternel m’interpelle la crue,
Splendeur au charme si fragile. Et je frémis
D’avoir vécu sans toi comme au fin fond d’un puits.


2. Mystères

Lorsque résonnent les mystères impalpables,
Je sais monter la garde ainsi que dans les fables.
De par ta volonté,
Je porte le carcan de la fidélité.

L’œil devise et le cœur s’anime.
Pour toi seule, inlassablement.
La brise parle et l’eau s’exprime.
Tu rougiras en comprenant.

Pour ma modeste part, j’écris ma mélodie.
Puisque déjà je t’aime, allège, ô tendre amie,
Dans ta grande bonté,
L’appareil écrasant de la fidélité.

3. Déjà deux milliards

Déjà l’on me ficèle.
Ils sont deux milliards. Ils le font avec zèle.
Mais la belle beauté, mais le doux sentiment,
S’envolent vers le sud, fuient leur monde à présent.
Ce monde, je ne puis le baigner de lumière
Tel un docteur levant l’éprouvette légère.
Je fléchis, mon amour, si tu ne m’aides pas.
Sans toi, je ne suis rien. Et je baisse les bras.

Je te veux tout entière.
Comme le paysan a besoin de sa terre,
De la tranquille pluie ou du soleil ardent.
Comme la plante veut le vert à tout instant,
Pour bâtir son feuillage, ou la rebelle masse
Qui frémit de colère en découvrant l’impasse.
Sa peine ne lui vaut ni liberté ni pain,
Ni bonne parole ou travail. Ni lendemain.

Tout comme la campagne
Vit d’électricité, tu le sais, ô compagne,
D’écoles et de puits, de pierre et de maisons…
De même que l’enfant vit de protections
Et de jeux, l’ouvrier, de conscience humaine,
Le pauvre, d’un modèle où la vertu l’entraîne…
Le fil enchevêtré de la société
Veut pour guide l’esprit, cette grande clarté.

4. Zèle

Si mon amour et si mon zèle allaient de pair,
Si les humains, cette famille en guerre,
Voulaient enfin se réunir,
Mon cœur, docilement, chercherait l’élixir
De jeunesse éternelle.
Quand dans le rouge, une branche verdit,
Signe d’adieu, je suis lourd, mais léger d’esprit.
Et cherche de plus belle
Cet élixir de jeunesse éternelle.
Plus d’un savant bavard glosera tout l’été.
Les gens de cœur seront de mon côté.
Pourtant je chercherai, mon espoir fût-il frêle,
Cet élixir de jeunesse éternelle.

5. Que tu sois pesée

Mon âme était maison sur un vague terrain.
Mais elle se bâtit, se fait belle ô combien!
J’ai rencontré Flora dans mes jours les plus sombres.
Je souffrais. J’étais las de serrer des ombres.

Elles est une rosée offerte à tous les champs.
Elle est la certitude en cette vie atone.
Dès que Flora sourit, tout souci m’abandonne.
Elle écrase du pied mes odieux serpents.

Elle donne du goût à l’eau pure elle-même.
Elle donne sa bouche à la saveur suprême
Et lorsqu’on me combat me rappelle soudain.
Dans les yeux de Flora broute un jeune poulain.

Elle est le document qui permet à la Grâce
De refouler bien loin l’anéantissement.
Et l’esprit qui s’émeut fait obstacle au néant
Que mon amour craintif en un procès menace.

J’étais, jusqu’à ce jour, un homme courageux.
Tu me fis téméraire et je m’en porte mieux.
Quand tu ne m’aimais pas, le sort t’était hostile.
Te voici l’univers de ma céleste idylle.

Aime-moi tous les jours. Indéfectiblement.
Sois louée, admirable Flora, sois prisée.
Partout, à tout moment, sois finement pesée.
Pour être irremplaçable aux yeux de ton amant.


1937. Février

1 commentaire:

  1. Mille mercis de le traduire ! Je le cherchais comme une folle.

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